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Le risque de réidentification.
Réidentifier, c’est retrouver la personne derrière un document qu’on croyait anonyme. Ce n’est presque jamais le nom qui trahit, c’est ce qui l’entoure : une date de naissance, un poste unique, une commune, un nombre d’enfants. Ensemble, ces indices désignent souvent une seule personne.
Mis à jour le 29 octobre 2026
Un exemple.
« La gérante, née le 3 mars 1981, mère de trois enfants, domiciliée à Saint-Malo. » Aucun nom, aucune adresse. Il y a pourtant très peu de gérantes nées ce jour-là dans cette ville. La phrase ne contient aucun identifiant direct, et reste une donnée personnelle.
Les indices qui comptent.
Un indice seul pèse peu. Ce sont les combinaisons qui identifient.
- Une date de naissance exacte : elle réduit la population à quelques personnes par jour.
- Un rôle unique : « la seule associée », « le directeur ».
- Un âge, un nombre d’enfants, une situation de famille.
- Un code postal complet, une petite commune.
- Une donnée de santé, un métier rare.
- Pour une société : ses chiffres exacts, son année de création, un statut rare.
Plusieurs indices dans le même passage se recoupent. C’est là que le risque monte.
Ce qu’en dit la CNIL.
Pour être anonyme, un jeu de données ne doit permettre ni d’isoler une personne, ni de relier ses données entre elles, ni de déduire une information sur elle. Quand ces trois tests ne sont pas parfaitement remplis, il faut démontrer que le risque de réidentification est négligeable. Tant qu’il ne l’est pas, la donnée reste personnelle, et le RGPD s’applique.
Comment Anoni le signale.
Quand Anoni analyse un document, le panneau « Ré-identification » liste les indices qui restent une fois les données masquées, et regroupe ceux qui se recoupent dans un même passage. Il en tire un niveau : « Risque faible », « Risque moyen » ou « Risque élevé ». Le niveau change chaque fois que vous masquez ou gardez une donnée. Le panneau ne donne aucun chiffre et ne promet rien : « Un indice, pas une garantie. À vous de juger. » S’il n’a pas pu évaluer le document, il affiche « Non évalué » plutôt qu’un risque faible.
Réduire le risque.
Masquez d’abord les indices les plus forts : la date de naissance, le rôle unique. Quand le sens le permet, dites moins précis : une année plutôt qu’une date, une région plutôt qu’une commune. Puis relisez le document comme le ferait quelqu’un du même milieu : c’est lui qui reconnaîtra la personne.
Questions fréquentes
Un document pseudonymisé peut-il être réidentifié ?
Oui, par définition : la correspondance existe, et les indices restent. C’est pour ça qu’il reste une donnée personnelle.
Le panneau garantit-il qu’un document est anonyme ?
Non. Il repère des indices connus dans un texte français. Il ne connaît pas le contexte, ni ce que le lecteur sait déjà de la personne. Il aide à décider, il ne décide pas.
Faut-il tout masquer pour être tranquille ?
Un document entièrement noirci ne sert plus à rien. Le but est de masquer ce qui identifie, et de garder ce qui fait le sens du document.
Voir aussi l’anonymisation des données, pseudonymisation et anonymisation, caviarder un PDF et les autres guides.
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